22 novembre 2009

L'étranger

Voici que notre président -celui qu'il ne faut pas nommer- s'est mis en tête d'introductionner Albert Camus au Panthéon. Pour quiconque, comme moi (voir la note du 23 février 2008 sur ce blog), s'est rendu un jour à Lourmarin, là où Camus acheta sa maison, là où vit encore sa fille, et là où il repose aux côtés de Francine, son épouse, cette idée est une aberration, une stupidité de petit tétard à courtes pattes en mal d'échasses pour grimper jusqu'au cerveau. Pourquoi vouloir arracher Camus à sa tombe, à ce qui est devenu sa terre, littéralement, pourquoi vouloir arracher le grand et beau laurier et les roses jaunes et blanches qui fleurissent au cimetière de Lourmarin, et qui ont pris racines sur la carcasse même de Camus ?  "On a raison de se révolter" a écrit le frère d'Algérie, ce dimanche, je me fais ma petite révolte à moi tout seul. On me dira - Ô certes- qu'il est d'autres sujets d'indignations, comme la crapulerie et le cynisme d'un Besson, devenu un zélé collaborateur de premier ordre, la méchanceté du triste porte-flingue Hortefeux et la main de Thierry Henry dans la culotte d'un foutbolleur Irlandais … Certes, mais aller sortir les os de Camus de la tombe me touche au cœur et à l'esprit. Comme disait mon bon maître Desproges "Touchez pas à mon cadavre, il sera piégé !".

Sarko ! Laisse Camus reposer en paix, c'est un ordre de RVB !

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J'ai déposé ce petit caillou carré sur la tombe d'Albert Camus le 9 février 2008

TOUCHE PAS A MON CAILLOU SARKO !

 

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A Lourmarin, les oliviers sont beaux, au Panthéon, ça pue le chrysanthème en plastoc ! Sarko, Camus te donne sa place au Panthéon, vas-y ! profite ! fais-toi plaisir ! Tu peux même emmener ta baudruche pour les nuits d'hiver, et là-bas, elles sont glaciales !

17 novembre 2009

L'art des choix, cœurs fidèles

Le dernier ouiquène, je fus invité au château de Vogüé (j'ai un plaisir tout particulier à écrire ce ¨et cet accent-là, qui pourrait rappeler la belle pöésie de l'ami Jean-Paul Klée, et sa folle ponctuation !). A l'initiative de l'association "Vivante Ardèche", se tenaient donc  les Journées du livre, nommées "Territoires de l'écrit". Eté comme automne, venir en Ardèche, rencontrer ici les gens du livre et de l'art est un vrai bonheur. Moi qui ait (quand même, si si) le défouraillage si prompt, je suis toujours touché par la gentillesse, la modestie, la compétence et le talent vrai de celles et ceux qu'il m'est donné de rencontrer là-bas. De la Galerie Mirabilia à Lagorce, animée par Dominique Thibault, aux Journées du livre organisées avec bonheur par Vivante Ardèche, je prends goût, mois après mois, rencontres après rencontres, au fromage de chèvre et à la purée de chataigne.

Ci-dessous, quelques images de ce ouiquène heureux…

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Je suis le seigneur du Château !

 

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Dominique Thibault, Pierre Présumey et la belle équipe des Ardéchois organisateurs…

 

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12 novembre 2009

Un bel avenir derrière moi

Et oui, absent depuis bien longtemps. Il faut dire que j'avais décidé de fêter à l'eau when au pastis, la fête des morts et la foire de la Saint-Martin à Voiron (Isère) au brou de noix. Aussi, je suis resté coincé dans un caveau de famille d'où je n'ai pu m'extraire que pour participer une fois de plus au célèbre désormais Salon du livre de Lyon "Quelle bourre à Bellecour !".  Auparavant, sur les insistances de mon camarade Roland Tixier, je donnai jeudi 5 novembre la première "Poésie Duterware" -appelons ça comme je le voudrais- Bah disons que ma voix fut jugée un peu basse, mais venant de là d'où que j'arrivais, mon public chéri mon amour me le pardonnera, l'espérais-je.

Le saviez-vous, le bon Roland Tixier fut mon prédécesseur en petits carrés de poésie. Entre 1978 et 1995, il anima, après les avoir créées en compagnie de Pierre Prince, photographe, les éditions "Le pré de l'Age". Cet intitulé n'a rien à voir avec la valeur des années : l'Age, c'est le nom d'une pièce de charrue (là, vraiment, j'entre dans un domaine dont au sujet duquel j'ignore tout !). C'est aussi le nom d'un lieu-dit, en Limousin d'où est originaire, je crois la famille de l'individu précité, et même un brin précipité. L'aventure éditoriale du pré de l'Age prit fin avec un texte de -devinez qui- RVB, et c'est ainsi, que mu par une volonté de Gaston Deferre, je sollicitai Roland Tixier afin de lui succéder dans le cœur des dames qui aiment la poésie, mais pas que d'ailleurs.

Pourquoi vous raconter ceci ? Et bien c'est que ce dernier samedi, à Bellecour, le vaillant Jean-Marc Pelletier, fidèle abonné, m'a apporté la quasi-intégralité de la collection du pré de l'Age. Quasi-intégralité car il manque à cet ensemble de 73 livrets les 9 premiers titres (si vous avez ça dans une armoire …).


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Je profite de l'occasion que je cause pour remercier encore Jean-Marc Pelletier, qu'est un bon gâs, et que je m'en vais nommer pré # carreleur d'honneur, avec les palmes et le sandwich au pâté de rigueur, voilà c'est dit ! Merci Jean-Marc !
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Je serai le ouiquende prochain à Vogüé, en Ardèche,  pour "Territoires de l'écrit". Pendant la crise de foie, les affaires continuent.
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01 novembre 2009

Une vie ordinaire

L'un des livres que je préfère, au-delà même de la poésie, est bien "Une vie ordinaire", de Georges Perros, paru aux Editions Gallimard en 1967, avec un avant-propos de Loran Gaspar. J'ai retrouvé cet après-midi ce poème dédié par l'auteur à "son manuscrit". Je m'autorise (en parlant de Perros, l'homme à la moto, ce n'est pas rien…) à l'offrir à tous ceux qui depuis douze années, m'ont fait parvenir, par une voie ou une autre (…) le fruit de leurs entrailles, et la quintessence de leur pensée…

 

Je veux t'oublier maintenant

manuscrit Je te reverrai

quand les mots à toi destinés

seront refroidis J'enverrai

le tout rue Sébastien Bottin

tiens au fait qui était cet homme

On me dira ce qu'on décide

à ton propos Si tout va bien

je te recevrai sur épreuves

à corriger Tu seras loin

de ce qui nous fit être ensemble

et vogue alors Quelques facteurs

te déposeront chez les hommes

faisant métier de critiquer

ce qui paraît Pauvre volume

orphelin somme toute loin

du malheureux qui le fit naître

au moins fais preuve de sang-froid

si tu sens qu'on parle de toi

dans un quelconque hebdomadaire

Je te souhaite un grand silence

pareil à celui qui ce soir

travaille la mer

Et la vie

elle recommence demain

jusqu'à la mort de cette main

qui tient ce stylo main fébrile

et qu'un maigre poignet retient

elle s'en irait aussi bien

Main qui me fit moquer de moi

pour n'avoir que doigts inutiles

inapte aux sacrés travaux

sinon pour cueillir une fleur

et encore main de fortune

on ne sait comment venue là

pour finir un corps sans présence

que seul allume la douleur.

 

 

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Voilà, je vous laisse à tous vos saints à tous vos morts, y'a Zorro à la télé. C'est tous les dimanches soirs sur la 3.

30 octobre 2009

"Il fait beau…

…Allons au cimetière", comme disait Victor Hugo, et c'est pas de la petite bière. Vous êtes décidément de plus en plus nombreux à fréquenter ce blog ; depuis que je n'y écris plus guère d'ailleurs, ce qui devrait m'interroger, et m'interroge, quant la pertinence de mes interventions : environ 75 visites quotidiennes. Notez que vous n'achetez pas grand-chose, tout ceci reste donc, entre nous, platonique autant que virtuel ! C'est l'époque qui nous ploque. C'est en ce sens que, éditeur plein d'audace, je viens de concocter le premier catalogue intégral des publications de pré # carré encore disponibles, selon mon bon vouloir évidemment !

Le ouiquende prochain, y compris vendredi 6, je serai à Bellecour (Souvenez-vous : Quelle bourre à Bellecour !), pour le désormais traditionnel "Livres sur la place", M'sieu Louis Quatorze en frétille déjà du panache ! Ralliez-vous mécréants !

Comme dit comme promis, voici le catalogue. Vous savez où envoyer vos dons, et le Seigneur s'en souviendra !

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21 octobre 2009

A la recherche du stand perdu

Les jours s'en vont et je demeure, n'est-il pas…  Je m'en reviens du Salon de la revue, ce dernier ouiquende. En l'absence de la belle Lucie de chez Mœbius, pas de quoi vous gratifier d'un album. J'aurais été fort aise que l'ami Marcel aborde à ma barcasse afin de dédicacer ses ultimes fumigations, mais Marcel -ce fumiste- n'est pas venu… Ce garçon ne manque pas d'air, on en conviendra…

 

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Afin d'échapper aux festivités marcelliennes, je me rendis le jour précédant le Salon dans la bonne cité d'Auvers-sur-Oise, afin d'y visiter Vincent en sa chambrette. A la sortie de la gare d'Auvers, je trouvais en place cette curieuse boutique, constituée de trois wagons postaux désaffectés, et chargés jusqu'à la chaudière de vieux bouquins et de paperolles ! Oh certes, il ne s'agissait point là d'œuvres impérissables, mais au final, et en dépit de ce que supposent nombre d'entre nous, lesquelles le seront ? Celles de Marcel, ce traître… Et même, qui pourrait l'écrire avec certitude ?

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12 octobre 2009

Simples 36 choses

J'avais projet de mettre en ligne les 4 "36 choses" publiées en juin, mais ce ne fut point si simple, et c'est bien la première fois.

Sur les quatre plaquettes parues juste avant l'été, seul Erwan Rougé a répondu à ma demande ; un autre auteur m'a fourni une réponse bien alambiquée au sujet de ses droits (si si y a des gens qui pensent comme ça), les deux autres n'ont pas donné suite. Et ben vous savez quoi ? Je vais mettre en ligne les "36 choses à faire avant de mourir d'Erwann Rougé, qu'est un bon gars et un bon poète, de plus.

Erwann Rougé.pdf

Et voilà c'est fait. J'ai pensé longtemps arrêter ce projet à 36 contributions, puis voilà que le désir de poursuivre cette collection sympathique m'a saisi ; aussi, j'ai sollicité une trentaine de prétendantes et prétendants… pour de nouvelles aventures… Quoi qu'il en soit, cette affaire-là sera cloturée le 1er septembre 2010. Où en serons-nous à ce moment-là… Mystère, surprise et boulodrome… Le ouiquende prochain c'est le Salon de la revue, aux Blancs-Manteaux, je reviendrai avec plein de bonnes surprises et de jolies images…

30 septembre 2009

Une banane dans l'oreille

Un sac de nouvelles en vrac, comme ça pour terminer ce doux septembre.

Tout d'abord sale histoire, la mort cet été de Thierry Jonquet, en plein mois d'août pendant qu'il faisait beau au soleil où l'on fait rien. Sale affaire en effet, l'enquête est close hélas. Je lisais beaucoup Jonquet dans les années 80/90 ; un très bon auteur de romans noirs qui savait faire la soudure entre le sordide, le cruel, le plus glauque, mais aussi, et ça passait remarquablement bien, une forme d'onirisme comme, par exemple, dans le "Manoir des immortelles". J'avais un peu lâché l'affaire Jonquet voici une quinzaine d'années, mais il était bien, dans des genres différents bien entendu et comme un Marc Villard, l'un des fils maudits de Jean-Patrick Manchette. J'ai toujours été persuadé, d'ailleurs, d'une vraie parenté entre le roman noir et la poésie, enfin, tout dépend de quel roman noir, et de quelle poésie qu'on cause, 'videmment… Demander aussi au camarade Michel Laurent de bien vouloir me rendre les bouquins de Jonquet prêtés en 1992, mais comme on ne s'est pas vus depuis cette époque, ça va être difficile… Encore un escroc ma bonne dame… Et qui va faire à présent fortune sur mes frêles endosses, avec mes éditions originales de Jonquet… Gredin !

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Je vous parle depuis un moment de la poésie de Philippe de Boissy, aussi c'est avec plaisir que je vous présente son dernier recueil  "Petite suite des choses" paru au printemps dernier aux "Editions du Jasmin". Toujours étonnant, chez De Boissy, cet espace où tente de se faufiler le double, cette fenêtre entr'ouverte sur le vide entre les corps, entre les nuages, entre les eaux, entre les airs… Prenez un peu de temps, nous l'avons, vous l'avez, pour vous glisser dans les interstices de l'écriture de Boissy, le vide oui mais jamais la vacuité…

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Poursuivons notre petit surhomme de chemin en évoquant (comme ceci est délicat !) le beau livre C.D.  de Jean Métellus et Tania Pividori, paru aux éditions "Le temps des Cerises". J'ai aimé les écritures et les voix du poète haïtien et de la belle chanteuse méditerranéenne rencontrée voici quelques mois à Paris. Des accents, des mots qui m'ont rappelé un autre poète de la Méditerrannée depuis longtemps disparu, Giani Esposito. Certes, l'univers de Tania Pividori est moins sombre, sa voix plus claire évidemment, limpide même,  ses images sont moins empruntes de mysticisme, mais l'ensemble est beau, il prend au cœur et à l'esprit, je ne puis que vous suggérer de vous y attarder. Des gens avec qui l'on se trouve en bonne compagnie, sur des plages désertes, sauvages et vivantes…
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J'entendais l'autre soir à la télévision un très médiatique journaliste réclamer un nouveau débat national au sujet de la peine de mort. On croyait, dans ce pays, cette vieille chose puante, cette vomissure reléguée aux poubelles de l'histoire et de l'ignominie, et voici qu'un petit Zemour postillonnant, vibrillonnant même, vient exiger -au nom de la justice, de l'ordre à rétablir et de la démocratie qui l'arrange, avec deux S comme dans crasse croyons-le- des échanges dont on sait ce qu'ils valent, sur le thème. Ceci s'appelle du révisionnisme, c'est -à-dire qu'il s'agirait de reprendre une discussion achevée depuis près de 30 années, dans le seul but de faire valoir ses piteux arguments, au sacro-saint nom de la liberté de penser comme un tout petit réactionnaire agité du samedi soir. Face à ceci, voici que vient d'être publié, aux éditions du Seuil,  ce livret dont je vous conseille l'acquisition, pour trois  euros :
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Dernière papillotte du soir, j'ai dégoté, sur un air de Thélonious Monk, ce bel ouvrage. Pannonica de Koenigswarter fut l'amie de musiciens de jazz et eut l'idée de demander à ceux qu'elle rencontrait quels étaient leurs trois vœux, et non pas leur "36 choses à faire avant de mourir". Ca donne ce beau volume éclairé de photos qui sont comme un album de famille, avec des projets, des désirs tout simplement humains, dans le bon tempo… Et c'est paru chez Buchet-Chastel, c'est très beau et ce sera tout pour ce soir.
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21 septembre 2009

La mort du petit cheval bleu

Amis de la police réjouissez-vous, un éditeur disparait ! Après 35 années d'éditions, Louis Dubost, l'homme du Dé Bleu, que jamais je ne me résignerai à appeler l'Idée Bleue, prends une retraite éditoriale méritée. A cette occasion (celle qui frit le lardon) il met en place une opération "déstockage", proposant pratiquement à la criée les livres que nous n'avons pas achetés. Vous trouverez six dessus dessous le document PDF qui vous permettra de garnir votre bibliothèque à prix réduit, voire même pour rien… Inutile de commander l'ouvrage de Pierre Présumey "La grande aiguille" paru en 1991 et qui était depuis longtemps annoncé comme épuisé, j'ai acquis tout le stock afin de vous revendre  "La grande aiguille" au centuple, avec la bénédiction républicaine de l'auteur (et oui, j'ai pris le risque…). Fallait pas jouer avec moi les enfants…

 

J'ai pu juger des quelques remous créés par mon billet de samedi ; au final, il ne s'est trouvé qu'un autre éditeur pour comprendre 100% pur porc mon point de vue, et ma virulence. N'oublions tout de même pas que dans l'intitulé de ce blog est comprise l'expression "Mauvaise foi", "Journal d'un petit éditeur, poésie et mauvaise foi".

 

Voici le document concernant le Dé Bleu :

 

Déstockage.pdf

 

 

Voilà, j'ai tenté dimanche, puis ce matin, d'installer une jolie chansonnette afin de rendre inaudibles (tu parles) les cris et tremblements écrits et ressentis ici ce ouiquende, mais même Youtube embraye la marche arrière, y'a des jours… J'essaye encore, et si ça ne marche pas, je la remets dans ma carte-mère.

Bon, rien à faire de pas moyen, tant pis pour vous, ça doit être parce que je suis encore un brin dans la colère.

 

19 septembre 2009

Billet d'aigreur au carré

Vous n'aurez pas été sans remarquer, alors qu'aujourd'hui on "fête", dans le joli monde enchanté de la poésie et d'internet le deuxième anniversaire de ce blog que vous aimez tant, qu'il est souvent question, en matière d'édition et de poésie, de la notion de "prise de risques", dont je vous ai déjà entretenus, amis fidèles. Prendre des risques, cela pourrait être, pour un misérable éditeur, d'envisager de publier des livres, des textes pour la fabrication desquels il n'aurait, le bougre, pas le moindre sou vaillant -et oui, nous voici dans le trivial où il se complait l'éditeur, vous le savez bien c'est un grossier, pas un grossium-. Prendre des risques, ce pourrait être miser sur une souscription, c'est à dire sur le fait que des inconnus, ou des connus, pourraient être tentés d'engager un rien de leur patrimoine sur l'ouvrage promis et qui serait bien entendu le plus beau, le mieux émouvant, le mieux meilleur qui serait proposé, tandis que les autres, de livres à paraître -n'en parlons même pas- ils seraient moches et vilains. "Prendre des risques", ce pourrait être chiffrer le coût d'un tel projet aux alentours de 4000 euros, ce qui fait des sous, et pas des dessous de table. "Prendre des risques", ce serait évaluer à une centaine de souscriptions, globalement, la réussite de ce projet, et pour ce faire, on solliciterait, par mail, par courrier, voire de la main à la main, quelques cinq à six cent honorables individus cultivés, argentés, peut-être même aux tempes argentées. Ceci pour, plusieurs semaines après, constater, avec force aigreur et récrimination, qu'une vingtaine ont répondu à votre appel, ce qui est peu, et limite -forcément- l'engagement que l'on espérait prendre, et la "prise de risques" dont les perspectives vous enchantaient. 7 souscriptions à ce jour pour le projet "Les quatre saisons de Roland Tixier", une vingtaine pour "Le grand garçon' de Pierre Présumey ; sur 100 réabonnements sollicités, une dizaine de retours, le chat est maigre, efflanqué, et il lui prend l'idée, à l'éditeur, de flanquer à la jaille le chat avec l'eau de vie du bain et tout le merdier qui l'empoisonne, le chat.

Il ne vous parle même pas, l'éditeur, de la courtoisie des poètes qui oublient de vous remercier après la publication de leur texte. Sans doute sont-ils repartis, les poètes, traquer la quintessence de leur âme dans la sombre forêt des sentiments, tandis qu'il ne lui reste à l'éditeur, que ses piteux ressentiments et la terre brûlée de ses passions ravageuses. A moins, plus prosaïquement qu'ils ne soient repartis, les poètes, au long des chemins de l'automne à la chasse à l'éditeur, besace de manuscrits en bandoulière et fusil à écrire et à tirer dans la marge à l'épaule, toujours prêts à décharger leur grenaille au mieux-disant.

Voilà pourquoi, l'éditeur amer, aigri, désabusé, en ce dernier samedi d'été, il a bien envie de râler, de rager, de pester et de tout envoyer balader, l'éditeur… et qu'en dehors de toute convenance bloggeuse, il le fait savoir. Et le premier qui lui explique, à l'éditeur, que c'est la première rentrée de la petite fadaise, que sa mygale a les oreillons à trois pattes, que sa sirène retentit au collège, ou que la boîte aux lettres sent soudain le gaz,  il va lui faire bouffer sa crème solaire en novembre à Bellecour, l'éditeur, au poète ou au mauvais payeur. Quant aux manuscrits -ah vous avez eu le temps d'écrire, cet été, c'est le bombardement en ce moment ! ça tombe comme à Dresde en 45 ! mais c'est moi la victime et la seule, l'irradié le trépané ! Ca a phosphoré dru ça oui sur la serviette à la plage blanche ! Hélas ça n'a pas souvent brillé ! désolé de vous le faire savoir ainsi ! (en fait pas désolé du tout, et même très content d'être méchant). Je disais donc, à propos des trucs dont je suis inondé en ce moment, que j'en ai l'impression soudaine d'être devenu incontinent, voici ma réponse, et ce sera la seule :

 

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A bientôt, n'oubliez pas que je vous aime, pour solde de tout compte.

12 septembre 2009

On t'enverra du monde

Retour sur les jours heureux de l'été, comme dans les chansons, avec ces quelques images.

Le 16 juillet, nous avons rendu visite -en compagnie de Vio- à Philippe de Boissy dans sa maison du fond des bois, à Pact, en Isère dans les Terres froides. J'ai dit déjà mon sentiment de gratitude envers Philippe de Boissy. Voici près de vingt-cinq années, alors que j'étais jeune impétrant poète chevelu abordant à mes tempêtes intérieures, il me reçut dans son minuscule bureau de la rue du Général Marchand, et ainsi que le dit Perec au sujet de Raymond Queneau "Il a autorisé nos vies en tant qu'écrivain". Ni Perec ni Queneau, certes, mais je dois aussi cela à Philippe de Boissy et je n'hésite jamais à le dire et à l'écrire. Par un joli retournement de l'histoire, je suis devenu l'un des éditeurs de Philippe en décembre 2006, avec le  carré n°49 "Le double moment des nuages" et je n'en suis pas peu fier, et encore une fois reconnaissant.

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Le 3 août, tandis que l'orage ravageait la Capitale des Alpes, comme on dit à "Stade 2", nous recûmes la visite du Piéton de la Courly, Roland Tixier. On le voit ici squattant sans vergogne mon bureau afin se livrer à l'art subtil, singulier et perecquien de la carte postale. Je ne vous rappelle pas la parution de "Simples choses", aux Editions du Pont-du-Change, tant il est évident que vous avez déjà tous souscrit à ce bel ouvrage !

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Je reviendrai ce week-end vous entretenir des "36 choses à faire avant de mourir", et de diverses autres fariboles réjouissantes, c'est promis.

06 septembre 2009

Les anges se font plumer

Salut et fraternité à tous !

C'est dimanche soir et le monde est toujours plein de vigueur ; debout les morts, c'est la dernière. Ce ouiquende est parti vers vous le carré n°61 "Même si", par Valérie Canat de Chizy, recueil dont au sujet duquel je vous entretiens le suspens depuis près d'un an, escorté dans son envol par les "36 choses à faire avant de mourir" de Vio, fidèle parmi les fidèles, mais aussi présidente de pré # carré (mais oui mais oui c'est elle) -que je rende ici grâces à son Titre et à ses grands Mérites ! Vous trouverez aussi dans l'enveloppe pleine à craquer de papiers colorés les "36 choses…" de Perrine Le Querrec, les voeux ultimes d'Alice Maurel ainsi que les dernières volontés de Valérie Le Du. Vous noterez que j'ai, après deux années de blogage intensif, enfin compris comment mettre en lien les sites et blogs ici évoqués, et ce n'est pas rien pour moi ! Les ricaneurs peuvent bien ricaner, ce n'est que du fiel et de l'amertume, et je les dédaigne foutrement ! Ci-dessous, des informations concernant la souscription lancée dès à présent pour de printanières parutions :

 

Souscriptions 2010.pdf

Assortie de notre lettre d'information (la fameuse niouzeletteure) :

Lettre rentrée 2009.pdf

Notre classique bulletin d'abonnement :

Abonnement 2010.pdf

Une information au sujet de notre nouvelle et merveilleuse initiative "La poésie  Dutirwarre" :

Dutirware.pdf

 

Et puis je suis si fier de mon nouveau talent de société que je vous invite à souscrire aux blogs et sites de mes amis et camarades :

Roger Lahu

Anita Beldiman-Moore

Stéphanie Buttay

Voilà ! Je mettrai tout ceci en lien très vite, mais là this ivening, ça fait beaucoup pour un shalom !

02 septembre 2009

Simples choses

 

Après cette vraie-fausse rentrée dont je me suis rendu coupable en août, me revoici, et c'est fois c'est la bonne croyez-le.

Malgré tous ces silences -ou qui sait grâce à eux-, une moyenne de 60 visites quotidiennes sur ce blog en plein mois d'août, c'est assez impressionnant pour que je sois impressionné : merci à vous.

Et voici qu'un nouvel éditeur nous est donné. Et c'est dans Lyon la bonne ville que ce bonheur nous survient. Après avoir navigué longtemps dans les eaux troubles d'un dilettantisme de bon aloi, le camarade Jean-Jacques Nuel franchit le Rubicon et crée "Le Pont du Change". Il s'agit là je crois du nom d'un pont disparu de la Capitale des Gaules, comme on dit au "Jeu d'Emile Franc".

Et que nous donne ce nouvel éditeur ? Croyons qu'il commence bellement sa carrière de bourreau des lettres avec un livre de Roland Tixier : "Simples choses". L'objet est simple (et oui), clair, évident. on en voit tant et tant en petite édition qu'il me faut saluer l'élégance de ce  volume là, sa clarté, la justesse de sa maquette, ni trop rustique, ni trop apprêtée. Voici la chose, la simple chose :

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Quant au contenu, c'est du Tixier pur jus de la Courly. Quand j'étais gamin, dans les colos, on jouait à un jeu passionnant : "L'inventaire au m2". Il s'agissait de recenser, dans cet espace réduit, mais à dimension humaine -la juste distance- la totalité de ce que l'on pouvait voir et nommer. Evidemment, la plupart échappe ou diffère, suivant l'œil et la nature du regard. C'est bien à ce type de travail que se livre Roland Tixier -une forme d'inventaire au km2, ce qui situe à peu près l'espace de vie naturel d'un être humain ; ailleurs, plus loin, c'est déjà l'inconnu. On pourrait penser à un travail modeste, mais moi qui fréquente Roland depuis de nombreuses années, je pense pouvoir affirmer que rien n'est mineur dans ce projet, je trouve au contraire Tixier extrêmement ambitieux, et fort peu modeste, en cette recension formidable et forcenée. Depuis des années, il a semé sous ses pas de ces petits poèmes en trois vers, notules, bribes, constructions qu'il a nommé haïkus urbains. C'est ainsi qu'il peut affirmer -en creux- et tenter (malheureux !) de conjurer la hantise de sa propre disparition et de celle de l'autre, de nous, de moi et du plus vulgaire au vrai sens, c'est à dire du commun. S'arrêter soudain à l'angle d'une rue et être assailli par cette élémentaire vérité qui demeure, je l'imagine ainsi, extraordinaire jusqu'au dernier souffle, et pourtant si banale : "Je vais mourir, je vais disparaître". La charge des jours de peu de foi, la grande humanité de Tixier et son espérance toute entière sont contenues dans ces "Simples choses". Merci à Jean-Jacques Nuel de nous proposer ce regard et ces mots. Veux-tu que je te dise Roland ? Je suis fermement persuadé, à te lire depuis si longtemps, que tu es un véritable Perecquien… Et prends ça comme tu voudras ! Je ne reviendrai pas là-dessus ! (de plus avec un titre comme "Simples choses"… tu apportes de l'eau à mon bourrin non ?).

Pour commander "Simples choses" :

 

Simples choses.pdf

24 août 2009

Se taire mieux que se taire

Que vous dire, sinon, que même après une semaine, un concert de Léonard Cohen, le silence qui suit est encore de Léonard Cohen (Ouais, je sais c'est pas moi que je l'ai trouvée, celle-là !);
De grandes choses se préparent, et nous aident à mépriser les petites.

 

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17 août 2009

Il était beau quand il restait assis tout seul

Reprise des hostilités après une petite quarantaine… Alors le blog : stop ou encore ? Bah, ce serait plutôt encore si j'en crois la pétition d'une huitaine de signatures recueillies par les fidèles zélateurs, et trices de pré # carré.

On va y retourner bien doucement, et si j'en vois qui s'agacent je repars dans un monde meilleur…

Demain soir au Théâtre Antique de Vienne, par exemple, avec Léonard Cohen, qui est l'un des poètes qui m'ouvrit une porte, voici bien des années, à l'été 1974, du temps que je m'initiais et pas seulement avec Suzanne, à la poésie ; ce texte, par exemple, que j'ai toujours aimé, qui m'a toujours ému, comme par une nuit d'hiver.

 

L'une des nuits où je ne me suis pas tué

 

Vous dansez au jour que vous aviez gardé

mes anges supposés

filles de modestes parvenus

qui peignez vos lèvres à la Bardot

Venez mes mignonnes

les films disent la vérité

je suis le chanteur de charme perdu

dont vos talons aiguilles neufs ont réduit

en mégots de cigarettes

la mort dans les brumes

Moi, ce soir, je parcourais le port à pied

cherchant un lit de rivière à vingt sous

mais je dormirai cette nuit

vos jarretières roulées comme arcs-en-ciel en vacances

dans mes souliers

et vos virginités régnant sur le cimetière des condoms

comme une seconde chance

Je crois je crois

que ce mardi 12 décembre

ne sera pas la nuit

et que je baiserai encore la courbe d'un sein

son menu téton

comme un coucher de soleil au-dessus de moi.

 

A domani, Léonard, et for ever.