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27 juin 2008
Cossery au coin du feu
Tandis que sous les ors de Saint-Sulpice nous nous pavanions, le dimanche 22 juin, à quelques rues de là mourait, chambre 77 de l'hôtel Louisiane où il vivait depuis près d'un demi-siècle, Albert Cossery.
Ceux qui ont lu les livres (minces et peu nombreux), d'Albert Cossery, seront bien attristés à l'idée qu'un vieux bonhomme de 95 ans ne soit plus. Tous les livres de Cossery se déroulent en Egypte, et ils n'ont qu'un objectif, célébrer l'inertie, comme moyen et finalité d'être, et aussi comme méthode de résistance à toutes les oppressions quand bien même les hommes seraient, d'emblée pour la plupart, puis au final pour tous, "oubliés de Dieu". Sans grand tapage -on ne fait pas grand bruit dans une chambre d'hôtel- Albert Cossery, avec son élégance, sa grâce, son humour et son sens pyramidal de la dérision, est un écrivain rare et précieux.
Son œuvre intégrale est publiée chez Joëlle Losfeld, ne tardez plus... Il est plus tard que vous ne croyez !
Je fus donc in Saint-Sulpice ; à la manière des "Litanies du scribe" de Jude Stefan, parues voici longtemps au "Temps qu'il fait", je pourrais brosser les portraits des impêtrants sulpiciens :
Place Saint-Sulpice j'ai rencontré :
Jean-Louis Massot un peu plus près de la mer
Stéphanie Ferrat en cavale
Michel Thomas en voie de dissolution
Antoine Emaz toujours gaulois (e)
Sylvie Fabre-G les yeux levés
Rüdiger Fischer à l'orée de la forêt
Delphine Crouzet sur un coup de bol
Régine Dupleix en duo
Stéphane Landois des hannetons dans les poches
Mireille Fargier-Caruso c'était dimanche
Séverine Daucourt-Fridriksson l'elle introuvable
Sonia Cotten : rien à cirer
Julia Musté la belle allumée
Maximine faisant une drôle de tête
Jean-Claude Leroy et pas son cousin
Patrice Maltaverne les pneus à plat
Jeanine Salesse en sabots
Bruno Geneste fendant l'air
Anne Brousseau l'impertinente
Jean-Christophe Belleveaux jouant des fuseaux
Ce chacal de Gaubert aux bonnes épaules
Ludovic Degroote arpentant la digue
Michel Foissier fort à propos
Marie-Laure Bigand de temps en temps
Louise Warren la Dame du lac
Odile Bonneel la fine mouche
Anne-Lise Blanchard juste avant l'été
Perrine Le Querrec en toute confiance
SaÎd Mohamed chevaux en brosse
Jean-Claude Martin poussant sa brouette
Julia Billet menant grand train
François David et bouche cousue
Jacques Brémond Gypoète 1er
Mickaël Glück Gypoète II
Emmanuel Berland le Bon géant vert de la poésie
Claude Vercey le satanique
Sandrine Fay aux doigts encrés
Claire d'Aurélie de l'ocre aux paupières
Claudine Bohi sous la neige d'été
Claude Held so british
Armand Dupuy trouvant la vérité
Thierry Guichard comme un renard
Thierry Renard comme aguicheur
Jacques Josse faisant tipi
Isabelle Pouchin : une jolie poule
Danielle Terrien tombée de sa planète
André Gache comme au cosmencement
...
À suivre... N'oubliez pas, lisez Cossery.
15:24 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15 juin 2008
Les peupliers de Beausoleil, par Christophe Jubien
Et bien, mon cher et vieux pays...
Ne m'en veuillez pas de cette gaulienne entame... Le carré n°55 vient de paraître, et oui, il en fallait un ! Et c'est dans votre boîte aux lettres que vous le recevrez, si vous ouvrez, comme un joli cadeau, les documents en pièces jointes !
Rendez-vous jeudi prochain Place Saint-Sulpice in Paris, pour le Marché de la poésie ! Que la lumière inonde votre cœur jusques sous les sombres voûtes !
16:25 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 juin 2008
Ici et ailleurs
Ainsi, nous fumes samedi dernier ici et ailleurs, à Vaulx-en Velin puis à Civrieux d'Azergues.
À Vaulx-en-Velin, où des gamins d'une classe "passerelle" interprétaient, sous la direction d'un jeune metteur en scène, Rémi Salas, les textes qu'ils écrivirent l'hiver dernier, en atelier, sous la bienveillante férule de Roland Tixier. Pré # carré à publié ces écrits -un livret jaune, un livret rouge-, et nous sommes allés, sous la pluie vaudaise, au vent vaudais, écouter ces mots, entendre ces paroles.
En pièce-jointe, vous trouverez les textes. Ici et ailleurs, mais nous sommes, ces gamins sont d'ici et portent en eux l'exil.
Ni bon ni mauvais, le monde va son train.
Le soir, les arpions humides sous les lampions humides, nous retrouvâmes Pierre Présumey et nos acolytes de l'association Effervescence. Deux heures durant, Pierre Présumey lu, raconta, et dit ses textes. On emploie souvent des mots comme "urgence","nécessité", pour l'écriture, la création au sens le plus large; je n'aime guère ce vocabulaire, et la fausseté trop souvent contenue dans ces termes, la posture qui confine à l'imposture. Comme l'écrivit Charlélie Couture jadis : "Ya guère qu'un navigateur/pour 200.000 baratineurs". Nous avons marché aux bords des rivières, puis embarqué à bord du radeau d'Ulysse... Sommes-nous revenus ? Reviendrons-nous, nous sommes, aussi, d'ici et d'ailleurs.
Je préfère cette réponse à toute autre.
Sinon sinon, le carré de juin est quasiment achevé ; encore quelques bons coups de massicot à l'endroit idoine et l'affaire sera emballée ! Le projet Présumey avance tout tranquillement, au pas du marcheur.
Dans moins d'une quinzaine, les joies de Saint-Sulpice. repentez-vous malheureux...
# Sur la première photographie, Roland Tixier, Pierre Présumey, Rvb. Merci à Martine Comte pour ces images.
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