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15 mars 2008

Du vent dans les voiles...

Le bateau semble bien parti, c'est pas plus mal. Pleuvent les messages de félicitations,  fouettent les embruns de la gloire, ici sur le blog, sur le mail, ou encore de vive-voix.

Très bien... Juste un petite chose, je vais ranimer mon côté pisse-vinaigre, celui que vous aimez tant, moussaillons...

Ce n'est pas tant moi qu'il faudrait louer, que l'auteur du livret, Bruno Geneste en la circonstance. La réalité est que je ne fais que tenter de trouver une cohérence entre un texte et un objet  : si cela vous paraît réussi, tant mieux, j'en suis bien content, mais je ne fais que coudre ensemble quelques feuilles de papier. Il ne s'agit pas là de fausse-modestie que d'une réalité patente -car sur le terrain de l'humilité, vous le savez, je ne crains personne- .

L'important, ce dont il faut tenir compte en priorité, si ce n'est en premier, c'est le poème, c'est le texte.

D'autres choses à dire encore, publier un livret, c'est aussi une source d'inquiétude. A chaque parution, la question... Les abonnés sollicités vont-ils revenir ? Qui sera intéressé par ce texte, par ce travail, et le sera au point d'acquitter à nouveau les 23 euros de l'abonnement ? Et là, souvent, mon malheur est grand, "Le problème dans la vie, disait l'autre, c'est que tout le monde à ses raisons..." 

Evidemment, nul n'est lié à vie à mes publications, mais constater, comme cet hiver, que les gens se barrent par poignées et ne reviennent pas, -tout en trouvant votre travail remarquable, disent-ils- y compris des fidèles de dix années, ne lasse pas de me plonger dans le doute -Et oui, c'est pas tous les jours qu'on rigole, même le samedi soir- Si ces interrogations sont communes au commun des petits éditeurs et des revuistes, j'imagine qu'elles peuvent surprendre le chaland qui passe.

Cette petite affaire, je ne cesse de le redire, ne fontionne que sur l'adhésion des gens, pas de primes miraculeuses, pas d'aide diverses et invariables, et ne venez pas me parler de subventions, les subventions sont attribuées -et encore- sur des projets, et mon temps est bien trop compté pour que je me consacre à l'organisation de tartufferies comme ce "Printemps de poètes"  une pompe à pognon supplémentaire, une machine à machins dont on nous rebat les oreilles et les cacahuètes.

Cette situation est encore plus exaspérante quand les auteurs eux-mêmes ne participent en rien à la petite promotion de leur livret -Ce n'est pas le cas, je le précise, de Bruno Geneste, un homme qui sait de quoi il cause, car il fut éditeur à l'enseigne de "Blanc Silex" ,  maison dont il  finit d'ailleurs par déposer le bilan...

Quand sur les derniers poètes publiés, je constate, avec grande amertume c'est vrai, que seuls trois, dont le dernier nommé, se sont intéressés à leur travail et ont acheté quelques exemplaires de leur livret, je suis tout simplement effaré, sur le cul, on my bottom. Effaré par l'égoïsme, le désir d'être là simplement pour s' y trouver, le désir de consommer, et de consommer, en l'occurence, de l'éditeur et de la publication, peu importe où, peu importe comment, et peu importe avec quoi. Ici aussi, le système marchand -petit producteur, consommateur minable- a gangrené bien des esprits, et la gangrène, ça pue. Sarko n'est pas là par hasard, en dépit de toutes les vertueuses con-tor-si-ons et gesticu-la-tions de tous ces grands faiseurs de protes-ta-ti-ons, et beaux bateleurs d'opi-ni-ion-ion.

Ce n'est pas tant, en ce cas, une affaire d'argent, mais une affaire de principe, et les principes, en principe, j'y tiens, autant que j'essaie de m'y tenir, par principe.

"La forme, disait Hugo, c'est toujours un peu du fond qui remonte à la surface". 

Je n'oserai même pas dire que les deux autres auteurs (pardon Philippe, pardon Geneviève)  que j'évoque ont chacun atteint ou dépassé les soixante-dix ans, question d'éducation, de solidarité, voire d'élégance peut-être. Comme j'entrerai bientôt dans la catégorie d'âge spécifiée "Vieux con", je m'autorise cette remarque pleine de fiel.

C'est mon soir, en effet, et je ne n'ai guère habitué les lecteurs et fidèles de ce blog à ce ton là, mais finalement, l'intitulé de cette chronique "Journal d'un petit éditeur" m'autorise à dire ces choses, JE m'autorise, voilà, c'est comme ça.

Bonne nuit à tous. 

12 mars 2008

Lumière de froid

Escorté d'une noria de "36 choses à faire" -autant de vaillantes Abeilles- le voilier "Lumière de froid", piloté par le Cap'tain Geneste Bruno, à pris la mer hier matin, souhaitons lui beau temps et mer d'huile.

Ci-dessous les pièces relatives à sa navigation, pas de cabotinage ! Comme chantait Couture "Y'a guère qu'un navigateur, pour 100.000 baratineurs" ; le matelot Geneste n'est pas de ceux-là !

souscription.pdf

Lumière de froid.pdf

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