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26 avril 2008

Roger la Honte !

Roger la Honte, La porteuse de pain... Ces beaux feuilletons firent frémir et s'émouvoir, l'autre siècle, nos grands parents !

Plus justement, une réponse à mon bon camarade Roger Lahu, suite à son commentaire sur la dernière note parue.

 

Cher Roger

 

Je n'ai jamais eu le projet de mettre la pression à quiconque, en ce qui concerne abonnement ou souscription à quoi que ce soit. Je sais ce que je dois, et à qui, à toi par exemple et ce depuis fort longtemps.

Je me suis engagé sur le projet de publication des livrets de Pierre Présumey parce que je pense que Pierre est un grand poète, un homme de bien, qu'il fait déjà partie des classiques, et que, parmi les auteurs que j'ai publiés, et avant moi Roland Tixier à l'enseigne du Pré de l'Age, il sera l'un des poètes qui resteront, longtemps après nous. Longtemps après d'autres -petits marquis révoltés du bocal- qui ne tarderont pas à s'évanouir dans les limbes qu'ils n'auraient jamais du quitter. Je suis d'ailleurs consterné de constater que, depuis près de vingt années, depuis "La grande aiguille" parue au Dé Bleu, à l'époque ou cet éditeur valait encore quelque chose -petits marquis, nous n'étions pas encore passé de la référence à la révérence-, nul éditeur n'ait songé à proposer à Pierre Présumey une publication de cette envergure.

Voici pourquoi je me suis engagé dans ce projet.

Or, cette initiative, au-delà même de mon investissement personnel, et de l'amitié que me fait  Pierre en l'acceptant, ce projet a un coût, réel et très élevé, pour une maison sans trésorerie comme pré # carré.

Un coût que j'ai évalué à 1500 euros, pour 150 exemplaires de chacun des 7 livrets envisagés, tout compris, la souscription (450 envois), l'achat du papier, pages et couvertures, la fabrication des boîtiers, et les frais d'expéditions, très importants.

Pour atteindre le point-mort de l'affaire, il faudrait environ 50 souscriptions, ce n'est pas énorme, mais ça reste beaucoup, pour diverses raisons : l'ensemble peut sembler un peu cher (30euros), et nul n'est tenu d'adhérer, ni d'acheter quoi que ce soit chez moi, c'est entendu, voilà belle levrette que je l'ai compris.

Là où suis simplement désolé, et un peu inquiet aussi, c'est que 10 jours après avoir lancé ma petite affaire, j'arrive, et au prix de quels efforts ! à 25 souscriptions, dont 5, j'ai bien dit 5, proviennent des fidèles abonnés de pré # carré, sur la centaine que vous êtes. Voilà, c'est aussi cette réalité, et ça me fait peine, souci aussi je l'avoue, même si je ne me désespère pas des uns et des autres, pas plus de Billancourt que de Bille en tête.

Voici pourquoi je me suis autorisé à "Mettre la pression", alors que, chacun le sait, je préfère le Minervois.

Pour en finir, je livre, mon cher Roger, à ta sagacité, cet extrait d'une lettre reçue récemment de la part d'un jeune poète, rencontré au "Printemps du livre" de Grenoble.

 

Extraits :

 

"Cher Monsieur,

 

Je suis le jeune poète à casquette en velours qui, lors du printemps du Livre, vous a demandé la permission de vous soumettre quelques vers.

...

Difficile de vous expliquer pourquoi j'aimerais tant faire mon entrée en poésie sous votre blason, sans tomber dans la flagornerie. Vos livrets ne sont pas pollués par un code-barre, n'est-ce pas une raison amplement suffisante ?

Sur votre blog, vous déplorez le manque d'implication des auteurs figurant à votre catalogue. Sachez que si - sur un coup de folie ou sous l'emprise de stupéfiants- vous décidiez de m'adouber, vous me verriez prêt à coudre, à massicoter et même à faire du porte-à-porte avec une plume dans le cul..."

 

Voilà, cher Roger, je suis peut-être un peu rude  en publiant des extraits de la lettre de ce jeune homme, qui tente de masquer son malaise et sa réserve avec des formules un peu vives, mais que puis-je penser de ceci ?

Que l'on est prêt à se glisser une plume à l'endroit idoine pour publier - mais pas Ô Grands dieux non !- à souscrire ou acheter la moindre plaquette afin de proposer son réel soutien.

Que la nuit te soit clémente, mon bon Roger.