15 mai 2009
Si vous croyez que ça m'amuse…
C'est bien ce soir -en effet, il est un peu tard pour l'annoncer, que Rüdiger Fischer, l'ami allemand, traducteur et apiculteur- se produit avec son jazz-band (Degoutte, Barthuet, Ménaché) dans la ruche lyonnaise, soit la librairie 'A plus d'un titre", quai Pêcherie, sur les bords de Saône je crois, ou peut-être les rives du Rhône ; je sens que je vais me faire engueuler gravement, là, le lyonnais n'aime pas la confusion.
Beaucoup de travaux de préparation ces jours-ci, maquettes, tirage du carré 61, "La flûte de jade, opus deux". J'avais découvert ce livre à l'automne 2000, à Toulouse. Je ne savais, à l'époque, ni de qui ni de quoi il retournait, mais depuis la lumière s'est faite, oui oui, et ceci grâce à Jean-François Perrin, qui commit jadis au pré # carré "feu d'herbe", un fort joli texte.
Voici ce que qu'écrit Jean-François Perrin de "La flûte de jade" après de patients travaux de recherche qui le menèrent, semelles au vent et baguettes en bataille, jusqu'au pied de la Grande Muraille :
"L'édition originale de La Flûte de Jade est publiée en 1920 (Paris, éditions d'art H. Piazza). Il s'agit d'une anthologie des plus grands poètes chinois jusqu'au XIXe siècle, notamment ceux de la dynastie Tang : Li Po, Tu Fu, etc. Franz Toussaint (1879-1955) a également publié des traductions de Saadi, les Rubayat, le Râmânaya et toutes sortes d'œuvres issues du monde arabo-persan et de l'Inde. Il n'est pas certain que ses traductions soient de première main, comme le suggère la dédicace de La Flûte de Jade : “À la mémoire de Tsao-Chang-Ling qui est allé dormir dans le jardin des neuf sources après m'avoir confié le soin de présenter aux lecteurs
français ces illustres poésies, choisies et traduites par lui” ; que ce traducteur chinois ait ou non existé, Toussaint semble en effet avoir adapté en prose des traductions antérieures, notamment Le Livre de Jade (1867) de Judith Gautier, et Poésies de l'époque Tang (1862) du marquis Hervey de Saint-Denis. Bien reçu et souvent réédité, ce livre a aussi inspiré les musiciens, notamment Pierre Maurice, Charles Chaynes et Malher (qui lui emprunte De la Jeunesse de Li Po pour Le Chant de la Terre)."
Voici donc quel sera le livret de juin, je précise que c'est en juin 2002 que j'ai publié une première série de textes issus de cet ouvrage. Evidemment, je suis à peu près persuadé que je vais me faire engueuler au nom de "la découverte poétique", comme cela s'est vu après la publication, cet hiver des "Quatrains échiquéens" de Jules Lazard. Misère de moi ! Remarquez bien que ceux qui protestent ainsi ne sont pas souvent ceux qui souscrivent aux textes originaux publiés ça et là par pré # carré ! Passez musettes, sonnez trompettes, fleurissez violettes…
Je reconnais bien volontiers, d'ailleurs, connaître une véritable pénurie de textes à publier, soit que j'ai la dent trop dure, soit que le format proposé, très contraignant, rebute nos amis les poètes (enfin, j'en connais que rien ne rebute hein… j'ai les noms…). Le dernier texte que j'ai souhaité faire paraître, et bien les amis, ça remonte à octobre dernier (Valérie Canat de Chizy "Même si"), ça commence donc à dater. Alors que faire ? Patienter ? Peut-être… Sinon, je me disais en ma Ford intérieure :
"Et si je lançais un concours à travers les revues de poésie ?". Certes, mais j'imagine déjà le tombereau d'emmerdements, la vague de papier, le tsunami d'adverbes, la benne puante de "soleil couchant", l'auge de "cris" et de "silences", les charrois de "bleu", enfin, tous les lieux communs de la poésie poétique déferlant sur mon bureau, mais là-dedans, perdu, égaré, qui sait le diamant dans la merde ?
A suivre…
19:33 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note












Commentaires
Rüdiger nous a présenté, en cinq actes, en Allemand et en Français, quelques-uns des poèmes qu'il a sélectionné pour son anthologie de 17 poètes Allemands: "Odeur de feu" ou "Geruch von Feuer". Il a fait preuve lors de cette lecture effectuée de mémoire, debout devant l'auditoire, d'un très grand talent de diseur qu'on ne lui soupçonnait pas. Au long de cette lecture, des moments de très fortes émotions pour tous les auditeurs qui ont pu ensuite l'interroger sur ses activités d'éditeur et de traducteur. La soirée s'est terminée par une discussion à bâton rompue autour d'un buffet. Toutes les personnalités nationales, régionales, départementales et municipales étaient absentes. Mais personne ne l'a remarqué.
Les réseaux de la poésie auxquels appartient le Pré#Carré créent de bien beaux liens d'amitié. Le monde n'est pas que marchand. Il y a encore quelques îles préservées. Li Po (un ami Chinois de RVB) aurait pu y trinquer avec nous puis nous l'aurions reconduit pour ne pas qu'il tombe dans la Saône et y meurt d'avoir bu de l'eau.
Ecrit par : Bernard | 16 mai 2009
Répondre à ce commentairePetit plus : j'approuve des 2 mains le commentaire de Bernard sur le talent de diseur de Rüdiger.
V'là un joli gone a invité pour animer vos soirées
Ecrit par : christian degoutte | 18 mai 2009
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