28 mai 2009
Tire m'en deux, c'est pour offrir
A la fin de l'année 2004, je publiai "Temps ordinaire banlieue est" de Roland Tixier. L'ouvrage eut un beau succès, puisque des 500 exemplaires d'origine, il reste aujourd'hui une centaine. Voici pourquoi, car malheureusement, les livres vieillissent aussi (physiquement s'entend !) je propose une jolie affaire à réaliser avec "Temps ordinaire banlieue est", dont Jean-Louis Roux écrivit, à l'époque, ceci :
Le poème télégraphique et ses tendres pudeurs
"Ce qui, aux autres, semble insignifiant lui fait signe : la fraîcheur d’un matin, le “congrès des moineaux dans la haie”, le tas de feuilles mortes derrière l’école primaire, les peupliers frêles alignés au bord du périphérique, mais encore le piaillement des gamins dans la rue, les
épaules tombantes et le regard vide de ceux qui descendent du métro, et puis la “poitrine trop étroite” pour contenir les sentiments qui submergent parfois. Roland Tixier, ancien marin et inconditionnel de Simenon, promène sa carcasse sur l’asphalte de Lyon et sa proche banlieue. Peu désireux d’activer les grandes orgues démonstratives d’une certaine poésie, l’auteur rechigne à l’effet. Avec le style elliptique, presque télégraphique, propre à l’écriture du haïku, Tixier nous livre ici cent fois trois vers : cent miettes d’existence quotidienne transfigurées par la conscience aïgue du temps qui fuit : “les heures s’éparpillent/truitelles dans l’eau vive”.
Publié par l’éditeur grenoblois pré # carré, cet ouvrage est d’abord un bel objet, typographié à l’ancienne et relié à la chinoise. C’est aussi un concentré d’émotion nue, essartant les pots superflus, dédaignant les envolées lyriques, pour ourdir une parole qui viserait au seul silence. Le poète lyonnais se montre fasciné par l’imaginaire urbain “traversée de parking/voyage au long cours/des jours ordinaires”, autant que par la
poussière d’humanité qui se dépose sur le quotidien le plus désespérement banal : “laver le carrelage/rires d’enfants sur le palier/la journée n’est pas perdue”. Car en dépit de la solitude, la lassitude, le désenchantement, demeurent les incartades du cœur, imprévisible muscle."
Jean-Louis Roux - Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné n° 4192 - 7 janvier 2005.
Il ne s'agit pas, vous l'aurez compris, de me débarrasser d'un objet devenu encombrant, mais de vous proposer -si vous ne connaissez pas la poésie de Roland Tixier- une invitation à la découvrir, puisque d'autres projets nous lieront à nouveau au printemps 2010…

Dans un registre différent, je vous propose à nouveau le livre publié en co-édition avec Rûdiger Fischer des Editions Verlag im Wald "Da sind Bienen", soit "Il y a des abeilles".
Voilà, si vous êtes sages et que vous passez bien vos commandes, je vous jouerais du corps de chasse pour la fête de la Merguez, promis, ne négligez pas cette occasion unique.
10:48 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note












Commentaires
Bernard - membre du FCRT (fan-club Roland Tixier).
Ecrit par : Bernard | 30 mai 2009
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