29 juin 2009
Renifle, c'est de la vraie…
Voilà, après une semaine que je n'oserais qualifier d'hibernation en ce début d'été -d'éternité alors ?- une petite notule au sujet du
Marché de la poésie place Saint-Sulpice. Un marché un peu dur cette année, le froid tout d'abord, et puis surtout les conditions difficiles qui nous ont été faites. Parqués littéralement dans des cahutes à partager à 4 exposants -l'espace est d'environ 12m2-, mais au marché tout se discute, et j'ai pu, pour les trois journées suivantes, disposer d'un espace plus attractif dans l'enceinte proprement dite, comme vous le montreront les photos. Chance, il n'a pas plu si l'on excepte un bel orage le dimanche entre midi et deux, mais comme j'étais au resto avec mon ami Jean-Christophe Belleveaux, ben ce sont mes employées qui ont géré la crise, c'est ça être un vrai boss, incontestable.
Alors ce Marché, attendu par tous une année durant, quand il ne se passe pas au mieux, c'est difficile, et voici qu'on nous l'annonce en voie de suppression pour l'année prochaine, remarquez, comme tous les ans… Qu'en sera-t-il ? Le marché de la place Saint-Sulpice est peut-être à l'image de nos activités, fragiles, toujours menacées, attendues quelquefois. Savoir d'ailleurs que l'église Saint-Sulpice, dont les travaux de construction remontent tout de même au règne de Louis XIV, a toujours été parée d'un échafaudage… Tout un symbole n'est-il pas !
Autre chose, je trouve sur le site de zazieweb.fr cette note au sujet de mes publications :
"J’ai compté ça fait vingt-quatre. Vingt-quatre pages. Vingt-quatre pages format 10X10, couverture couleur au choix (de l’auteur ?), fil cousu main, parfois rouge.
Bonjour. Ainsi commencent tous les opus des éditions pré#carré et on ne dit pas au-revoir en tournant la dernière page, on donne un bulletin d’abonnement : 4 livrets par an et c’est pas cher si tu en offres un en plus au copain.
Alors, qu’est-ce que le poète va bien pouvoir nous donner en seize pages ? Et bien, faut avouer que ça ne se passe pas trop mal. Bon, pas vraiment de prise de risques dans la ligne éditoriale, tous ces poètes là sont édités ailleurs avec un s, mais le format est bien plus qu’une invitation à la découverte de l’auteur, il permet de donner le ton, de poser ce rien d’essentiel qui permet de s’introduire dans l’œuvre, de laisser pousser des choses dans la tête de son lecteur. Et si c’était ça justement que voulait dire le pré de pré#carré ?
Voyons alors quel genre de culture peut engendrer la lecture de quelques uns de ces livrets :
Pour Brunon Geneste ce sera laminaire entre deux marées, Olivier Bourdelier ? Pissenlits en graines ; Pierre Présumey ferait plutôt dans le bulbe de narcisse en hiver ; Jean-Louis Jacquier-Roux : tiges de blé après la moisson ; Roger Lahu, alors pour lui un plein panier de champignons. Et le prochain alors, un petit gout de cerises comme le voudrait le mois de juin ? Patience, plus que quelques jours à attendre.
Mais au fait Hervé Bougel, pourquoi tu ne mets pas de majuscules au nom des auteurs que tu sélectionnes, pour rester dans le ton de ta collection : de la qualité sans la grosse tête ?"
Une note tout à fait sympathique il est vrai, mais je veux juste dire un mot au sujet de cette formule "prise de risques"; j'ai souvent édité des auteurs à leurs débuts, pour certains, pré # carré à même constitué une première publication, auteurs qui depuis font leurs petit bout de chemin au long des prés, tels Séverine Daucourt-Fridriksson, Stéphanie Ferrat, Frédéric Saenen, voire même, si je peux me permettre Ludovic Degroote dès 1997…Je pense aussi à ceux qui écriront des livres, de beaux livres de poésie, comme Christopher Bouix, ou Valérie Canat de Chizy, que je publierai cet automne… Alors les risques, si risques il y a, moi j'aimerais que les auteurs, eux, les prennent, et cessent de me proposer trop souvent du texte dans la norme de l'époque, du ficelé, du qui fait le malin, du qui joue au petit jeu de celui qui pisse le plus loin, du sous-Juliet, du sous-Emaz et des audaces littéraires qui faisaient déjà rigoler ma grand-mère au dernier Salon où l'on cause de poésie ! Que je mets pas de ponctuation que je montre comment je pense vite et je te bouscule le langage, que je te cherche dans un dictionnaire de mots précieux histoire de dire que je frétille de l'oxymore, que je jubile de l'objectal, et que je pistille de la pistache… Alors la prise de risques (la vie de personne n'est en danger tout de même), moi je suis prêt à l'accueillir tous les jours dans ma boîte aux livres, et pas tous les six mois. Faut pas faire chier Gérard Lambert quand y répare sa mobylette…
20:13 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note












Commentaires
Ecrit par : Stéphan | 30 juin 2009
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