19 septembre 2009
Billet d'aigreur au carré
Vous n'aurez pas été sans remarquer, alors qu'aujourd'hui on "fête", dans le joli monde enchanté de la poésie et d'internet le deuxième anniversaire de ce blog que vous aimez tant, qu'il est souvent question, en matière d'édition et de poésie, de la notion de "prise de risques", dont je vous ai déjà entretenus, amis fidèles. Prendre des risques, cela pourrait être, pour un misérable éditeur, d'envisager de publier des livres, des textes pour la fabrication desquels il n'aurait, le bougre, pas le moindre sou vaillant -et oui, nous voici dans le trivial où il se complait l'éditeur, vous le savez bien c'est un grossier, pas un grossium-. Prendre des risques, ce pourrait être miser sur une souscription, c'est à dire sur le fait que des inconnus, ou des connus, pourraient être tentés d'engager un rien de leur patrimoine sur l'ouvrage promis et qui serait bien entendu le plus beau, le mieux émouvant, le mieux meilleur qui serait proposé, tandis que les autres, de livres à paraître -n'en parlons même pas- ils seraient moches et vilains. "Prendre des risques", ce pourrait être chiffrer le coût d'un tel projet aux alentours de 4000 euros, ce qui fait des sous, et pas des dessous de table. "Prendre des risques", ce serait évaluer à une centaine de souscriptions, globalement, la réussite de ce projet, et pour ce faire, on solliciterait, par mail, par courrier, voire de la main à la main, quelques cinq à six cent honorables individus cultivés, argentés, peut-être même aux tempes argentées. Ceci pour, plusieurs semaines après, constater, avec force aigreur et récrimination, qu'une vingtaine ont répondu à votre appel, ce qui est peu, et limite -forcément- l'engagement que l'on espérait prendre, et la "prise de risques" dont les perspectives vous enchantaient. 7 souscriptions à ce jour pour le projet "Les quatre saisons de Roland Tixier", une vingtaine pour "Le grand garçon' de Pierre Présumey ; sur 100 réabonnements sollicités, une dizaine de retours, le chat est maigre, efflanqué, et il lui prend l'idée, à l'éditeur, de flanquer à la jaille le chat avec l'eau de vie du bain et tout le merdier qui l'empoisonne, le chat.
Il ne vous parle même pas, l'éditeur, de la courtoisie des poètes qui oublient de vous remercier après la publication de leur texte. Sans doute sont-ils repartis, les poètes, traquer la quintessence de leur âme dans la sombre forêt des sentiments, tandis qu'il ne lui reste à l'éditeur, que ses piteux ressentiments et la terre brûlée de ses passions ravageuses. A moins, plus prosaïquement qu'ils ne soient repartis, les poètes, au long des chemins de l'automne à la chasse à l'éditeur, besace de manuscrits en bandoulière et fusil à écrire et à tirer dans la marge à l'épaule, toujours prêts à décharger leur grenaille au mieux-disant.
Voilà pourquoi, l'éditeur amer, aigri, désabusé, en ce dernier samedi d'été, il a bien envie de râler, de rager, de pester et de tout envoyer balader, l'éditeur… et qu'en dehors de toute convenance bloggeuse, il le fait savoir. Et le premier qui lui explique, à l'éditeur, que c'est la première rentrée de la petite fadaise, que sa mygale a les oreillons à trois pattes, que sa sirène retentit au collège, ou que la boîte aux lettres sent soudain le gaz, il va lui faire bouffer sa crème solaire en novembre à Bellecour, l'éditeur, au poète ou au mauvais payeur. Quant aux manuscrits -ah vous avez eu le temps d'écrire, cet été, c'est le bombardement en ce moment ! ça tombe comme à Dresde en 45 ! mais c'est moi la victime et la seule, l'irradié le trépané ! Ca a phosphoré dru ça oui sur la serviette à la plage blanche ! Hélas ça n'a pas souvent brillé ! désolé de vous le faire savoir ainsi ! (en fait pas désolé du tout, et même très content d'être méchant). Je disais donc, à propos des trucs dont je suis inondé en ce moment, que j'en ai l'impression soudaine d'être devenu incontinent, voici ma réponse, et ce sera la seule :
A bientôt, n'oubliez pas que je vous aime, pour solde de tout compte.
13:31 Publié dans pré # carré | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note












Commentaires
PS : j'ai des manus estivaux pour toi, plein de pouési dedans, tu veux voir ?
Ecrit par : jean-louis | 21 septembre 2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Hervé Bougel | 21 septembre 2009
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