01 novembre 2009

Une vie ordinaire

L'un des livres que je préfère, au-delà même de la poésie, est bien "Une vie ordinaire", de Georges Perros, paru aux Editions Gallimard en 1967, avec un avant-propos de Loran Gaspar. J'ai retrouvé cet après-midi ce poème dédié par l'auteur à "son manuscrit". Je m'autorise (en parlant de Perros, l'homme à la moto, ce n'est pas rien…) à l'offrir à tous ceux qui depuis douze années, m'ont fait parvenir, par une voie ou une autre (…) le fruit de leurs entrailles, et la quintessence de leur pensée…

 

Je veux t'oublier maintenant

manuscrit Je te reverrai

quand les mots à toi destinés

seront refroidis J'enverrai

le tout rue Sébastien Bottin

tiens au fait qui était cet homme

On me dira ce qu'on décide

à ton propos Si tout va bien

je te recevrai sur épreuves

à corriger Tu seras loin

de ce qui nous fit être ensemble

et vogue alors Quelques facteurs

te déposeront chez les hommes

faisant métier de critiquer

ce qui paraît Pauvre volume

orphelin somme toute loin

du malheureux qui le fit naître

au moins fais preuve de sang-froid

si tu sens qu'on parle de toi

dans un quelconque hebdomadaire

Je te souhaite un grand silence

pareil à celui qui ce soir

travaille la mer

Et la vie

elle recommence demain

jusqu'à la mort de cette main

qui tient ce stylo main fébrile

et qu'un maigre poignet retient

elle s'en irait aussi bien

Main qui me fit moquer de moi

pour n'avoir que doigts inutiles

inapte aux sacrés travaux

sinon pour cueillir une fleur

et encore main de fortune

on ne sait comment venue là

pour finir un corps sans présence

que seul allume la douleur.

 

 

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Voilà, je vous laisse à tous vos saints à tous vos morts, y'a Zorro à la télé. C'est tous les dimanches soirs sur la 3.

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