29 novembre 2009

Dimanche à Tchernobyl

"Le dimanche à Tchernobyl" est le titre de l'une des chansons de l'album d'Alain Bashung, sur le méconnu album "L"imprudence". Les années ont beau passer comme des semaines, à Tchernobyl comme ailleurs, difficile de s'y caler, dans ces pouilleux dimanches de novembre qui n'irradient guère… Autant travailler plus. D'ailleurs, à propos de  ce dont je vous entretenais dimanche dernier, Fabrice Vigne me fait suivre une belle bafouille de Michel Onfray, adressée à not' trépidant de la République, qu'est une belle chose et qui mérite qu'on la respecte (la République) y compris en lui mettant la main au bulletin de vote.

 

Onfray à Sarko.pdf

 

Voilà, n'est-ce pas, un bel article, argumenté, référencé, organisé et tout… Autre chose que moi avec mes grossièretés à courte vue, mes menaces de pêcheur du Guilvinec. Il semblerait néanmoins que Jean Camus, le fils de son père, ne veuille point entendre parler de panthéonisation -sauvés pour ce coup-là. Merci Jean.

Travailler travailler, dans la semaine, partira vers vous le carré n°62, un texte de Michaël Glück, dont je vous parlais déjà en juin "Goutte d'encre sous la langue", tout ceci est quasiment prêt à poster, hop vers vous, les oiseaux de papier. Je vais profiter de l'occasion pour lancer une nouvelle collection : "Le pas de l'Ane". Il s'agit de republier certains des livrets parus au pré de l'Age, entre 1978 et 1995. Certes, il m'est déjà arrivé de recourir à cette manœuvre, et je le ferai encore, dans le cadre de la collection carrée officielle (Tout est officiel vous avez remarqué : "La main officielle de Thierry Henry", "Le charter officiel vers Kaboul", "le Trépidant officiel de la République"), mais revenons à nos ânes carrés : je publierai, hors-abonnement, à petit tirage (100 exemplaires) certains des livrets Tixiéens de la grande époque. Premier de la liste "Le fleuve" de Bernard Barthuet.

Ouvrez le document, voilà merci, n'hésitez pas à vous servir, faîtes comme chez moi :

 

Le Pas de l'Ane.pdf

 

Bernard Barthuet sera d'ailleurs en lecture, le mardi 15 décembre à Lyon, lors de l'un des fameux "Mardis d'Isabelle", organisés par Anne-Lise Blanchard. Plus de précisions et toutes les informations très vite, car nous n'en sommes pas là encore, c'est juste pour vous mettre l'âne à la bouche… Enfin, si je peux dire ça ainsi, et puis c'est surtout que je n'ai pas préparé les informations sur ce sujet, donc je me trouve un peu court là pour vous en parler de suite, mais ça viendra, vous serez tenus au courant… Sinon, comme on est là à rire entre nous en disant du mal des autres, le ouiquène prochain, pré # carré participera au Marché de la poésie organisé par la Maison de la poésie Rhône-Alpes, ce sera à Saint-Martin d'Hères, dans la toute proche banlieue est de Grenoble, ce sera aussi la dernière occasion de voir en public le pré # carreleur et son big band d'ânes. Ah mais non puisque la semaine d'ensuite, je serai chez le Hanneton de Charpey, dans la toute proche banlieue de Romans, c'est dire si l'on ne boude pas son plaisir, à Tchernobyl ! Et de plus, j'arrive même à vous coller la vidéo du Grand Bashung, qu'a d'ailleurs un peu raccourci ces derniers temps… mais pas tant que d'autres déjà bien petits.

 

Ah, oui, je voulais juste ajouter un truc de nuit, si vous n'aimez pas Bashung, faut pas venir ici non non …

22 novembre 2009

L'étranger

Voici que notre président -celui qu'il ne faut pas nommer- s'est mis en tête d'introductionner Albert Camus au Panthéon. Pour quiconque, comme moi (voir la note du 23 février 2008 sur ce blog), s'est rendu un jour à Lourmarin, là où Camus acheta sa maison, là où vit encore sa fille, et là où il repose aux côtés de Francine, son épouse, cette idée est une aberration, une stupidité de petit tétard à courtes pattes en mal d'échasses pour grimper jusqu'au cerveau. Pourquoi vouloir arracher Camus à sa tombe, à ce qui est devenu sa terre, littéralement, pourquoi vouloir arracher le grand et beau laurier et les roses jaunes et blanches qui fleurissent au cimetière de Lourmarin, et qui ont pris racines sur la carcasse même de Camus ?  "On a raison de se révolter" a écrit le frère d'Algérie, ce dimanche, je me fais ma petite révolte à moi tout seul. On me dira - Ô certes- qu'il est d'autres sujets d'indignations, comme la crapulerie et le cynisme d'un Besson, devenu un zélé collaborateur de premier ordre, la méchanceté du triste porte-flingue Hortefeux et la main de Thierry Henry dans la culotte d'un foutbolleur Irlandais … Certes, mais aller sortir les os de Camus de la tombe me touche au cœur et à l'esprit. Comme disait mon bon maître Desproges "Touchez pas à mon cadavre, il sera piégé !".

Sarko ! Laisse Camus reposer en paix, c'est un ordre de RVB !

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J'ai déposé ce petit caillou carré sur la tombe d'Albert Camus le 9 février 2008

TOUCHE PAS A MON CAILLOU SARKO !

 

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A Lourmarin, les oliviers sont beaux, au Panthéon, ça pue le chrysanthème en plastoc ! Sarko, Camus te donne sa place au Panthéon, vas-y ! profite ! fais-toi plaisir ! Tu peux même emmener ta baudruche pour les nuits d'hiver, et là-bas, elles sont glaciales !

17 novembre 2009

L'art des choix, cœurs fidèles

Le dernier ouiquène, je fus invité au château de Vogüé (j'ai un plaisir tout particulier à écrire ce ¨et cet accent-là, qui pourrait rappeler la belle pöésie de l'ami Jean-Paul Klée, et sa folle ponctuation !). A l'initiative de l'association "Vivante Ardèche", se tenaient donc  les Journées du livre, nommées "Territoires de l'écrit". Eté comme automne, venir en Ardèche, rencontrer ici les gens du livre et de l'art est un vrai bonheur. Moi qui ait (quand même, si si) le défouraillage si prompt, je suis toujours touché par la gentillesse, la modestie, la compétence et le talent vrai de celles et ceux qu'il m'est donné de rencontrer là-bas. De la Galerie Mirabilia à Lagorce, animée par Dominique Thibault, aux Journées du livre organisées avec bonheur par Vivante Ardèche, je prends goût, mois après mois, rencontres après rencontres, au fromage de chèvre et à la purée de chataigne.

Ci-dessous, quelques images de ce ouiquène heureux…

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Je suis le seigneur du Château !

 

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Dominique Thibault, Pierre Présumey et la belle équipe des Ardéchois organisateurs…

 

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12 novembre 2009

Un bel avenir derrière moi

Et oui, absent depuis bien longtemps. Il faut dire que j'avais décidé de fêter à l'eau when au pastis, la fête des morts et la foire de la Saint-Martin à Voiron (Isère) au brou de noix. Aussi, je suis resté coincé dans un caveau de famille d'où je n'ai pu m'extraire que pour participer une fois de plus au célèbre désormais Salon du livre de Lyon "Quelle bourre à Bellecour !".  Auparavant, sur les insistances de mon camarade Roland Tixier, je donnai jeudi 5 novembre la première "Poésie Duterware" -appelons ça comme je le voudrais- Bah disons que ma voix fut jugée un peu basse, mais venant de là d'où que j'arrivais, mon public chéri mon amour me le pardonnera, l'espérais-je.

Le saviez-vous, le bon Roland Tixier fut mon prédécesseur en petits carrés de poésie. Entre 1978 et 1995, il anima, après les avoir créées en compagnie de Pierre Prince, photographe, les éditions "Le pré de l'Age". Cet intitulé n'a rien à voir avec la valeur des années : l'Age, c'est le nom d'une pièce de charrue (là, vraiment, j'entre dans un domaine dont au sujet duquel j'ignore tout !). C'est aussi le nom d'un lieu-dit, en Limousin d'où est originaire, je crois la famille de l'individu précité, et même un brin précipité. L'aventure éditoriale du pré de l'Age prit fin avec un texte de -devinez qui- RVB, et c'est ainsi, que mu par une volonté de Gaston Deferre, je sollicitai Roland Tixier afin de lui succéder dans le cœur des dames qui aiment la poésie, mais pas que d'ailleurs.

Pourquoi vous raconter ceci ? Et bien c'est que ce dernier samedi, à Bellecour, le vaillant Jean-Marc Pelletier, fidèle abonné, m'a apporté la quasi-intégralité de la collection du pré de l'Age. Quasi-intégralité car il manque à cet ensemble de 73 livrets les 9 premiers titres (si vous avez ça dans une armoire …).


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Je profite de l'occasion que je cause pour remercier encore Jean-Marc Pelletier, qu'est un bon gâs, et que je m'en vais nommer pré # carreleur d'honneur, avec les palmes et le sandwich au pâté de rigueur, voilà c'est dit ! Merci Jean-Marc !
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Je serai le ouiquende prochain à Vogüé, en Ardèche,  pour "Territoires de l'écrit". Pendant la crise de foie, les affaires continuent.
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30 octobre 2009

"Il fait beau…

…Allons au cimetière", comme disait Victor Hugo, et c'est pas de la petite bière. Vous êtes décidément de plus en plus nombreux à fréquenter ce blog ; depuis que je n'y écris plus guère d'ailleurs, ce qui devrait m'interroger, et m'interroge, quant la pertinence de mes interventions : environ 75 visites quotidiennes. Notez que vous n'achetez pas grand-chose, tout ceci reste donc, entre nous, platonique autant que virtuel ! C'est l'époque qui nous ploque. C'est en ce sens que, éditeur plein d'audace, je viens de concocter le premier catalogue intégral des publications de pré # carré encore disponibles, selon mon bon vouloir évidemment !

Le ouiquende prochain, y compris vendredi 6, je serai à Bellecour (Souvenez-vous : Quelle bourre à Bellecour !), pour le désormais traditionnel "Livres sur la place", M'sieu Louis Quatorze en frétille déjà du panache ! Ralliez-vous mécréants !

Comme dit comme promis, voici le catalogue. Vous savez où envoyer vos dons, et le Seigneur s'en souviendra !

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21 octobre 2009

A la recherche du stand perdu

Les jours s'en vont et je demeure, n'est-il pas…  Je m'en reviens du Salon de la revue, ce dernier ouiquende. En l'absence de la belle Lucie de chez Mœbius, pas de quoi vous gratifier d'un album. J'aurais été fort aise que l'ami Marcel aborde à ma barcasse afin de dédicacer ses ultimes fumigations, mais Marcel -ce fumiste- n'est pas venu… Ce garçon ne manque pas d'air, on en conviendra…

 

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Afin d'échapper aux festivités marcelliennes, je me rendis le jour précédant le Salon dans la bonne cité d'Auvers-sur-Oise, afin d'y visiter Vincent en sa chambrette. A la sortie de la gare d'Auvers, je trouvais en place cette curieuse boutique, constituée de trois wagons postaux désaffectés, et chargés jusqu'à la chaudière de vieux bouquins et de paperolles ! Oh certes, il ne s'agissait point là d'œuvres impérissables, mais au final, et en dépit de ce que supposent nombre d'entre nous, lesquelles le seront ? Celles de Marcel, ce traître… Et même, qui pourrait l'écrire avec certitude ?

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30 septembre 2009

Une banane dans l'oreille

Un sac de nouvelles en vrac, comme ça pour terminer ce doux septembre.

Tout d'abord sale histoire, la mort cet été de Thierry Jonquet, en plein mois d'août pendant qu'il faisait beau au soleil où l'on fait rien. Sale affaire en effet, l'enquête est close hélas. Je lisais beaucoup Jonquet dans les années 80/90 ; un très bon auteur de romans noirs qui savait faire la soudure entre le sordide, le cruel, le plus glauque, mais aussi, et ça passait remarquablement bien, une forme d'onirisme comme, par exemple, dans le "Manoir des immortelles". J'avais un peu lâché l'affaire Jonquet voici une quinzaine d'années, mais il était bien, dans des genres différents bien entendu et comme un Marc Villard, l'un des fils maudits de Jean-Patrick Manchette. J'ai toujours été persuadé, d'ailleurs, d'une vraie parenté entre le roman noir et la poésie, enfin, tout dépend de quel roman noir, et de quelle poésie qu'on cause, 'videmment… Demander aussi au camarade Michel Laurent de bien vouloir me rendre les bouquins de Jonquet prêtés en 1992, mais comme on ne s'est pas vus depuis cette époque, ça va être difficile… Encore un escroc ma bonne dame… Et qui va faire à présent fortune sur mes frêles endosses, avec mes éditions originales de Jonquet… Gredin !

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Je vous parle depuis un moment de la poésie de Philippe de Boissy, aussi c'est avec plaisir que je vous présente son dernier recueil  "Petite suite des choses" paru au printemps dernier aux "Editions du Jasmin". Toujours étonnant, chez De Boissy, cet espace où tente de se faufiler le double, cette fenêtre entr'ouverte sur le vide entre les corps, entre les nuages, entre les eaux, entre les airs… Prenez un peu de temps, nous l'avons, vous l'avez, pour vous glisser dans les interstices de l'écriture de Boissy, le vide oui mais jamais la vacuité…

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Poursuivons notre petit surhomme de chemin en évoquant (comme ceci est délicat !) le beau livre C.D.  de Jean Métellus et Tania Pividori, paru aux éditions "Le temps des Cerises". J'ai aimé les écritures et les voix du poète haïtien et de la belle chanteuse méditerranéenne rencontrée voici quelques mois à Paris. Des accents, des mots qui m'ont rappelé un autre poète de la Méditerrannée depuis longtemps disparu, Giani Esposito. Certes, l'univers de Tania Pividori est moins sombre, sa voix plus claire évidemment, limpide même,  ses images sont moins empruntes de mysticisme, mais l'ensemble est beau, il prend au cœur et à l'esprit, je ne puis que vous suggérer de vous y attarder. Des gens avec qui l'on se trouve en bonne compagnie, sur des plages désertes, sauvages et vivantes…
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J'entendais l'autre soir à la télévision un très médiatique journaliste réclamer un nouveau débat national au sujet de la peine de mort. On croyait, dans ce pays, cette vieille chose puante, cette vomissure reléguée aux poubelles de l'histoire et de l'ignominie, et voici qu'un petit Zemour postillonnant, vibrillonnant même, vient exiger -au nom de la justice, de l'ordre à rétablir et de la démocratie qui l'arrange, avec deux S comme dans crasse croyons-le- des échanges dont on sait ce qu'ils valent, sur le thème. Ceci s'appelle du révisionnisme, c'est -à-dire qu'il s'agirait de reprendre une discussion achevée depuis près de 30 années, dans le seul but de faire valoir ses piteux arguments, au sacro-saint nom de la liberté de penser comme un tout petit réactionnaire agité du samedi soir. Face à ceci, voici que vient d'être publié, aux éditions du Seuil,  ce livret dont je vous conseille l'acquisition, pour trois  euros :
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Dernière papillotte du soir, j'ai dégoté, sur un air de Thélonious Monk, ce bel ouvrage. Pannonica de Koenigswarter fut l'amie de musiciens de jazz et eut l'idée de demander à ceux qu'elle rencontrait quels étaient leurs trois vœux, et non pas leur "36 choses à faire avant de mourir". Ca donne ce beau volume éclairé de photos qui sont comme un album de famille, avec des projets, des désirs tout simplement humains, dans le bon tempo… Et c'est paru chez Buchet-Chastel, c'est très beau et ce sera tout pour ce soir.
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21 septembre 2009

La mort du petit cheval bleu

Amis de la police réjouissez-vous, un éditeur disparait ! Après 35 années d'éditions, Louis Dubost, l'homme du Dé Bleu, que jamais je ne me résignerai à appeler l'Idée Bleue, prends une retraite éditoriale méritée. A cette occasion (celle qui frit le lardon) il met en place une opération "déstockage", proposant pratiquement à la criée les livres que nous n'avons pas achetés. Vous trouverez six dessus dessous le document PDF qui vous permettra de garnir votre bibliothèque à prix réduit, voire même pour rien… Inutile de commander l'ouvrage de Pierre Présumey "La grande aiguille" paru en 1991 et qui était depuis longtemps annoncé comme épuisé, j'ai acquis tout le stock afin de vous revendre  "La grande aiguille" au centuple, avec la bénédiction républicaine de l'auteur (et oui, j'ai pris le risque…). Fallait pas jouer avec moi les enfants…

 

J'ai pu juger des quelques remous créés par mon billet de samedi ; au final, il ne s'est trouvé qu'un autre éditeur pour comprendre 100% pur porc mon point de vue, et ma virulence. N'oublions tout de même pas que dans l'intitulé de ce blog est comprise l'expression "Mauvaise foi", "Journal d'un petit éditeur, poésie et mauvaise foi".

 

Voici le document concernant le Dé Bleu :

 

Déstockage.pdf

 

 

Voilà, j'ai tenté dimanche, puis ce matin, d'installer une jolie chansonnette afin de rendre inaudibles (tu parles) les cris et tremblements écrits et ressentis ici ce ouiquende, mais même Youtube embraye la marche arrière, y'a des jours… J'essaye encore, et si ça ne marche pas, je la remets dans ma carte-mère.

Bon, rien à faire de pas moyen, tant pis pour vous, ça doit être parce que je suis encore un brin dans la colère.

 

19 septembre 2009

Billet d'aigreur au carré

Vous n'aurez pas été sans remarquer, alors qu'aujourd'hui on "fête", dans le joli monde enchanté de la poésie et d'internet le deuxième anniversaire de ce blog que vous aimez tant, qu'il est souvent question, en matière d'édition et de poésie, de la notion de "prise de risques", dont je vous ai déjà entretenus, amis fidèles. Prendre des risques, cela pourrait être, pour un misérable éditeur, d'envisager de publier des livres, des textes pour la fabrication desquels il n'aurait, le bougre, pas le moindre sou vaillant -et oui, nous voici dans le trivial où il se complait l'éditeur, vous le savez bien c'est un grossier, pas un grossium-. Prendre des risques, ce pourrait être miser sur une souscription, c'est à dire sur le fait que des inconnus, ou des connus, pourraient être tentés d'engager un rien de leur patrimoine sur l'ouvrage promis et qui serait bien entendu le plus beau, le mieux émouvant, le mieux meilleur qui serait proposé, tandis que les autres, de livres à paraître -n'en parlons même pas- ils seraient moches et vilains. "Prendre des risques", ce pourrait être chiffrer le coût d'un tel projet aux alentours de 4000 euros, ce qui fait des sous, et pas des dessous de table. "Prendre des risques", ce serait évaluer à une centaine de souscriptions, globalement, la réussite de ce projet, et pour ce faire, on solliciterait, par mail, par courrier, voire de la main à la main, quelques cinq à six cent honorables individus cultivés, argentés, peut-être même aux tempes argentées. Ceci pour, plusieurs semaines après, constater, avec force aigreur et récrimination, qu'une vingtaine ont répondu à votre appel, ce qui est peu, et limite -forcément- l'engagement que l'on espérait prendre, et la "prise de risques" dont les perspectives vous enchantaient. 7 souscriptions à ce jour pour le projet "Les quatre saisons de Roland Tixier", une vingtaine pour "Le grand garçon' de Pierre Présumey ; sur 100 réabonnements sollicités, une dizaine de retours, le chat est maigre, efflanqué, et il lui prend l'idée, à l'éditeur, de flanquer à la jaille le chat avec l'eau de vie du bain et tout le merdier qui l'empoisonne, le chat.

Il ne vous parle même pas, l'éditeur, de la courtoisie des poètes qui oublient de vous remercier après la publication de leur texte. Sans doute sont-ils repartis, les poètes, traquer la quintessence de leur âme dans la sombre forêt des sentiments, tandis qu'il ne lui reste à l'éditeur, que ses piteux ressentiments et la terre brûlée de ses passions ravageuses. A moins, plus prosaïquement qu'ils ne soient repartis, les poètes, au long des chemins de l'automne à la chasse à l'éditeur, besace de manuscrits en bandoulière et fusil à écrire et à tirer dans la marge à l'épaule, toujours prêts à décharger leur grenaille au mieux-disant.

Voilà pourquoi, l'éditeur amer, aigri, désabusé, en ce dernier samedi d'été, il a bien envie de râler, de rager, de pester et de tout envoyer balader, l'éditeur… et qu'en dehors de toute convenance bloggeuse, il le fait savoir. Et le premier qui lui explique, à l'éditeur, que c'est la première rentrée de la petite fadaise, que sa mygale a les oreillons à trois pattes, que sa sirène retentit au collège, ou que la boîte aux lettres sent soudain le gaz,  il va lui faire bouffer sa crème solaire en novembre à Bellecour, l'éditeur, au poète ou au mauvais payeur. Quant aux manuscrits -ah vous avez eu le temps d'écrire, cet été, c'est le bombardement en ce moment ! ça tombe comme à Dresde en 45 ! mais c'est moi la victime et la seule, l'irradié le trépané ! Ca a phosphoré dru ça oui sur la serviette à la plage blanche ! Hélas ça n'a pas souvent brillé ! désolé de vous le faire savoir ainsi ! (en fait pas désolé du tout, et même très content d'être méchant). Je disais donc, à propos des trucs dont je suis inondé en ce moment, que j'en ai l'impression soudaine d'être devenu incontinent, voici ma réponse, et ce sera la seule :

 

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A bientôt, n'oubliez pas que je vous aime, pour solde de tout compte.

12 septembre 2009

On t'enverra du monde

Retour sur les jours heureux de l'été, comme dans les chansons, avec ces quelques images.

Le 16 juillet, nous avons rendu visite -en compagnie de Vio- à Philippe de Boissy dans sa maison du fond des bois, à Pact, en Isère dans les Terres froides. J'ai dit déjà mon sentiment de gratitude envers Philippe de Boissy. Voici près de vingt-cinq années, alors que j'étais jeune impétrant poète chevelu abordant à mes tempêtes intérieures, il me reçut dans son minuscule bureau de la rue du Général Marchand, et ainsi que le dit Perec au sujet de Raymond Queneau "Il a autorisé nos vies en tant qu'écrivain". Ni Perec ni Queneau, certes, mais je dois aussi cela à Philippe de Boissy et je n'hésite jamais à le dire et à l'écrire. Par un joli retournement de l'histoire, je suis devenu l'un des éditeurs de Philippe en décembre 2006, avec le  carré n°49 "Le double moment des nuages" et je n'en suis pas peu fier, et encore une fois reconnaissant.

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Le 3 août, tandis que l'orage ravageait la Capitale des Alpes, comme on dit à "Stade 2", nous recûmes la visite du Piéton de la Courly, Roland Tixier. On le voit ici squattant sans vergogne mon bureau afin se livrer à l'art subtil, singulier et perecquien de la carte postale. Je ne vous rappelle pas la parution de "Simples choses", aux Editions du Pont-du-Change, tant il est évident que vous avez déjà tous souscrit à ce bel ouvrage !

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Je reviendrai ce week-end vous entretenir des "36 choses à faire avant de mourir", et de diverses autres fariboles réjouissantes, c'est promis.

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