13 septembre 2008

L'envers et Verso

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N'oubliez pas de mettre la radio, c'est en bas à gauche !

Je reçois ces jours-ci la revue Verso, jadis créée par Claude Seyve, je crois, à présent animée par Alain Wexler.

J'ai toujours un regard particulier pour Verso, qui est la première revue de poésie ayant accueilli mes élucubrations, ça devait être en 1992.

Une note de lecture de mon Gâs Degoutte est consacrée à pré # carré :

"... Je ne sais pas où Bougel dégote ses papiers de jaquette (c'est pas injurieux au moins ?...NDLR...), mais à chaque fois il nous surprend : ici il nous ravit avec une couverture moucharabieh. C'est un malin : dans un tel emballage, n'importe quel texte devient précieux, on lui accorde une lecture de fine gueule. Enfin dans le cas de LUMIERE DE FROID de Bruno Geneste le texte tient par lui-même. C'est une ballade sur l'estran, une géographie (terrestre et céleste) aux limites imprécises, sur ce terrain offert par la marée, puis repris, puis redonné "L'horizon percute la vitre/la mer remue/un jour d'algues".

Deux haïkus (suscités par Roland Tixier) d'un même collégien sur une page : "ICI ET AILLEURS". Comme Manjola "Le Kosovo/pays si beau/mais loin, très loin"et "Ici au collège/depuis quatre mois/rien ne va mal". du collège Henri Barbusse à Vaulx-en-Velin. Tous ces haïkus, que de temps perdu pour les leçons grammaticales ou conjuguer sa politesse !

Décidément Bougel est un énervé (NRV ?...NDLR...) de première : v'là qu'il envoie à tous vents des volées de 36 CHOSES (A FAIRE AVANT DE MOURIR). C'est le principe de ces feuillets colorés : une personne particulière, en cela semblable à toutes les personnes particulières, quoique différente énumère, avec sérieux ou cocasserie, 36 trucs qu'elle voudrait avant de... Par exemple Régine Morisson "Apprivoiser une contrebasse".

C'est bien d'avoir un copain de son état critique d'art dans une revue de poésie... surtout quand c'est mon Gâs Degoutte.

Dans le même Verso, je lis sous la plume de l'un des auteurs publiés, Fabrice Marzuolo, cette phrase stupéfiante  :

"Parlons un peu des éditeurs, des revuistes plus soucieux de ménager le client potentiel (la formule d'abonnement) que la susceptibilité du poète (le corps du texte), je trimbale les stigmates de milliers de lettres de refus, des kilomètres de silence absolument éloquent."

Il me semblait, moi, que la moindre des courtoisies, pour un auteur, consistait à savoir dans quoi il allait publier, à qui il confiait son texte (si essentiel faut-il croire...) et qu'il n'essèmerait pas à tous vents, (des milliers de lettres dit-il ? brrrrrr...),  sans grand souci, et sans grand respect de son travail au final... J'ai constaté depuis bien longtemps que beaucoup d'auteurs se foutent bien de savoir où et dans quoi ils publient, et que peu leur importe de savoir où ils déposent leur prose...

Pour ne parler que de pré # carré, je reçois chaque année des dizaines de manuscrits de gens qui, persuadés de leur talent et de leur bon droit, s'imaginent qu'il suffit de tirer sur ma bobinette pour que choit le carré de leur choix. Il me semble normal, courtois, et légitime, pour un auteur publié ou en voie de l'être, de souscrire à un abonnement, de soutenir de cette façon celui qui devient "Son éditeur". Ce n'est pas de l'escroquerie, ce n'est pas du compte d'auteur, ce n'est pas du service rendu, ni même du donnant-donnant, si l'on estime les heures de travail et les engagements pris. C'est du simple respect, pour soi-même, pour celui qui va s'engager à publier et à diffuser le texte.

Voici 11 années que je publie sans la moindre subvention, sans aucune aide de nulle institution, et nous sommes nombreux en ce cas. Et quand bien même certains sont soutenus -qui par sa Ville, qui par sa Région, qui par une institution culturelle- vous seriez, vous et tant d'autres, Monsieur Marzuolo, bien aimables de ne pas nous considérer comme des vendeurs à la petite semaine, parce qu'en ce cas, vous êtes de bien mauvais payeurs le plus souvent !

J'ai eu encore, cet été, maille à partir avec des individus désirant publier au pré # carré, comme si ce vœu valait acte. L'un, par ailleurs chroniqueur de la revue Verso citée plus haut (non non, je ne donnerai pas le nom de ce grossier) prétendait me faire parvenir un manuscrit sur la foi des notes de lectures publiées, justement dans Verso, sans avoir jamais vu, et lu, un seul des livrets de pré # carré. Comme j'objectais que le minimum était de connaître, ne serait-ce que le format, le bouffre se fâcha, me fit savoir qu'on ne pouvait pas tout lire (et surtout pas là où l'on se proposait d'écrire...) et termina par des jeux de mots tout à fait habiles, usant de mon nom de famille "Bougez-vous Bougel bougon..." (bien vu non ?), pour en finir par un (cinglant ?) "Je me passerai des petites publications de Monsieur Bougel".  Je ne pouvais faire moins que de le qualifier -ayant son état constaté- de triste con et je lui fit part de mon regret, au final, de ne pouvoir lui asséner le coup de boule zidanesque que je pensais lui devoir en guise d'avance sur recettes.

C'est radical ? Tant mieux ; je le revendique, et pas comme exercice littéraire de vaticineur salonard.

Je n'ai rien contre Fabrice Marzuolo, je ne sais même pas qui il est, comment il vit et de quoi il se nourrit mais je vois son nom depuis bien longtemps dans les revues de poésie, et ceci ne lasse d'ailleurs pas de m'inquiéter, parce que si les gens "initiés", disons censés être informés du fonctionnement microscopique des revues et éditions de poésie s'expriment de la sorte, et ben, comme disait Coluche "On n'est pas dans la merde, hein ! On n'est pas dans la merde !".

 

J'allais oublier : Pour s'abonner à Verso :

Alain Wexler

Le Genetay

69480 Lucenay

4 numéros par an pour 20 euros.

Internet :

http://revue.verso.free.fr

 

 

15 mars 2008

Du vent dans les voiles...

Le bateau semble bien parti, c'est pas plus mal. Pleuvent les messages de félicitations,  fouettent les embruns de la gloire, ici sur le blog, sur le mail, ou encore de vive-voix.

Très bien... Juste un petite chose, je vais ranimer mon côté pisse-vinaigre, celui que vous aimez tant, moussaillons...

Ce n'est pas tant moi qu'il faudrait louer, que l'auteur du livret, Bruno Geneste en la circonstance. La réalité est que je ne fais que tenter de trouver une cohérence entre un texte et un objet  : si cela vous paraît réussi, tant mieux, j'en suis bien content, mais je ne fais que coudre ensemble quelques feuilles de papier. Il ne s'agit pas là de fausse-modestie que d'une réalité patente -car sur le terrain de l'humilité, vous le savez, je ne crains personne- .

L'important, ce dont il faut tenir compte en priorité, si ce n'est en premier, c'est le poème, c'est le texte.

D'autres choses à dire encore, publier un livret, c'est aussi une source d'inquiétude. A chaque parution, la question... Les abonnés sollicités vont-ils revenir ? Qui sera intéressé par ce texte, par ce travail, et le sera au point d'acquitter à nouveau les 23 euros de l'abonnement ? Et là, souvent, mon malheur est grand, "Le problème dans la vie, disait l'autre, c'est que tout le monde à ses raisons..." 

Evidemment, nul n'est lié à vie à mes publications, mais constater, comme cet hiver, que les gens se barrent par poignées et ne reviennent pas, -tout en trouvant votre travail remarquable, disent-ils- y compris des fidèles de dix années, ne lasse pas de me plonger dans le doute -Et oui, c'est pas tous les jours qu'on rigole, même le samedi soir- Si ces interrogations sont communes au commun des petits éditeurs et des revuistes, j'imagine qu'elles peuvent surprendre le chaland qui passe.

Cette petite affaire, je ne cesse de le redire, ne fontionne que sur l'adhésion des gens, pas de primes miraculeuses, pas d'aide diverses et invariables, et ne venez pas me parler de subventions, les subventions sont attribuées -et encore- sur des projets, et mon temps est bien trop compté pour que je me consacre à l'organisation de tartufferies comme ce "Printemps de poètes"  une pompe à pognon supplémentaire, une machine à machins dont on nous rebat les oreilles et les cacahuètes.

Cette situation est encore plus exaspérante quand les auteurs eux-mêmes ne participent en rien à la petite promotion de leur livret -Ce n'est pas le cas, je le précise, de Bruno Geneste, un homme qui sait de quoi il cause, car il fut éditeur à l'enseigne de "Blanc Silex" ,  maison dont il  finit d'ailleurs par déposer le bilan...

Quand sur les derniers poètes publiés, je constate, avec grande amertume c'est vrai, que seuls trois, dont le dernier nommé, se sont intéressés à leur travail et ont acheté quelques exemplaires de leur livret, je suis tout simplement effaré, sur le cul, on my bottom. Effaré par l'égoïsme, le désir d'être là simplement pour s' y trouver, le désir de consommer, et de consommer, en l'occurence, de l'éditeur et de la publication, peu importe où, peu importe comment, et peu importe avec quoi. Ici aussi, le système marchand -petit producteur, consommateur minable- a gangrené bien des esprits, et la gangrène, ça pue. Sarko n'est pas là par hasard, en dépit de toutes les vertueuses con-tor-si-ons et gesticu-la-tions de tous ces grands faiseurs de protes-ta-ti-ons, et beaux bateleurs d'opi-ni-ion-ion.

Ce n'est pas tant, en ce cas, une affaire d'argent, mais une affaire de principe, et les principes, en principe, j'y tiens, autant que j'essaie de m'y tenir, par principe.

"La forme, disait Hugo, c'est toujours un peu du fond qui remonte à la surface". 

Je n'oserai même pas dire que les deux autres auteurs (pardon Philippe, pardon Geneviève)  que j'évoque ont chacun atteint ou dépassé les soixante-dix ans, question d'éducation, de solidarité, voire d'élégance peut-être. Comme j'entrerai bientôt dans la catégorie d'âge spécifiée "Vieux con", je m'autorise cette remarque pleine de fiel.

C'est mon soir, en effet, et je ne n'ai guère habitué les lecteurs et fidèles de ce blog à ce ton là, mais finalement, l'intitulé de cette chronique "Journal d'un petit éditeur" m'autorise à dire ces choses, JE m'autorise, voilà, c'est comme ça.

Bonne nuit à tous. 

12 mars 2008

Lumière de froid

Escorté d'une noria de "36 choses à faire" -autant de vaillantes Abeilles- le voilier "Lumière de froid", piloté par le Cap'tain Geneste Bruno, à pris la mer hier matin, souhaitons lui beau temps et mer d'huile.

Ci-dessous les pièces relatives à sa navigation, pas de cabotinage ! Comme chantait Couture "Y'a guère qu'un navigateur, pour 100.000 baratineurs" ; le matelot Geneste n'est pas de ceux-là !

souscription.pdf

Lumière de froid.pdf

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